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Pourquoi cette expérience est-elle négative?

Pourquoi cette expérience est-elle négative?

Un monde lobbyiste –  Une imposture scientifique –  Les OGM ne sont pas une alternative durable – La recherche scientifique est toujours nécessaire : choisissons la bonne !

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  Un monde lobbyiste

 Les organismes génétiquement modifiés (OGM) sont en réalité des clones chimériques brevetés (CCB). C’est cette corruption du langage qui illustre parfaitement l’état d’esprit avec lequel les firmes biotechnologiques cherchent à imposer leur domination. Evidemment, il est plus facile de vous faire manger des OGM plutôt que des « clones chimériques brevetés ». La sélection des meilleures plantes, pour leur résistance et leur productivité est une longue histoire dans l’humanité. Aujourd’hui, l’objectif est très simple : modifier délibérément une variété de plante (ou d’animaux) de façon à obtenir une population d’individus exactement identiques (clones) et breveter le concept. Ainsi, toutes les formes de services variables que la nature peut offrir se voient gommées par l’œuvre des multinationales de l’agroalimentaire. Leur ennemi, c’est la gratuité. En effet, les semences utilisées en dehors de l’agriculture intensive permettent aux paysans de produire d’une année sur l’autre en toute autonomie. Un service gratuit qui fait de l’ombre au marché des producteurs d’agrotoxiques. Leur principale arme : la biotechnologie. De quelle science s’agit-il ? Avez-vous été consulté avant que l’on vous fasse manger des CCB ?

 Une imposture scientifique

 L’implication de l’entreprise BASF dans ce projet ne garantie certainement pas l’indépendance scientifique. De plus, la toxicité, les caractéristiques allergènes ou tout autre effet toxique de ces pommes de terre n’ont pas été testés. Aussi, ces pommes de terre contiennent des gènes de résistance à des antibiotiques importants. Si l’essai en champ devait conduire à la dispersion de ce matériel génétique dans l’environnement, rien ne permet actuellement d’en évaluer les conséquences. Les connaissances en matière de microbiologie du sol sont largement insuffisantes et doivent inciter à la prudence. Plus généralement, c’est tout l’ensemble du fonctionnement des communautés d’organismes du sol qui reste largement inconnu. La directive européenne 2001/18, qui encadre les cultures en plein air et les risques associés à la dissémination des transgènes dans l’environnement mentionne « une attention particulière devrait être accordée à la question des gènes de résistance aux antibiotiques lors de l’évaluation des risques des OGM contenant ces gènes » et stipule clairement « d’éliminer progressivement des OGM les marqueurs de résistance aux antibiotiques ». Ainsi, les pommes de terre cultivées ici ne répondent pas aux exigences de la loi européenne.

 Les OGM ne sont pas une alternative durable

 Il existe déjà des variétés de pomme de terre non-GM résistantes au phytophtora. Il suffit de les utiliser intelligemment. Le sol d’une parcelle agricole est variable, de même que les conditions météorologiques d’une année à l’autre. Une semence durable est génétiquement variable, car c’est ce qui lui permet de survivre et d’évoluer. La nature est variable, dans l’espace et dans le temps. Les multiples cultures d’OGM dans le monde en font l’expérience : en dépit des pesticides qu’elles peuvent produirent ou auxquels elles peuvent résister, leur invariabilité génétique les laissent désarmées face au potentiel adaptatif des ravageurs des cultures. C’est la course à l’armement car il faut inventer sans cesse de nouveaux OGM. Les conséquences d’ordre sociales et environnementales sont désastreuses. A l’inverse, les alternatives agroécologiques permettent d’envisager une toute autre voie. Il s’agit simplement de savoir comment un ravageur se développe. Cultiver des petites parcelles, augmenter la diversité des cultures, changer au même endroit chaque année, augmenter la durée des rotations, voilà la mosaïque spatio-temporelle qui laisse peu de chance aux ravageurs et qui constitue la seule ferme du futur. Elle concilie respect de l’environnement, maîtrise des pollutions et relocalisation des activités, permettant le développement d’une agriculture durable garante de diversité variétale et de liberté de choix pour les personnes. L’agroécologie prend en compte tous les aspects des activités agricoles qui se répercutent sur le fonctionnement global de notre planète : les aspects agronomiques, toxicologiques, sanitaires, climatiques et économiques sont intégrés, et les stratégies adoptées sont nécessairement plus intégrées à l’environnement que les stratégies productivistes.

La recherche scientifique est toujours nécessaire : choisissons la bonne !

 La transgénèse (procédé de fabrication des OGM) est un formidable outil pour explorer le fonctionnement de l’ADN (matériel génétique), particulièrement en sciences médicales. Mais les connaissances actuelles sont beaucoup trop restreintes pour se permettre d’en faire un outil d’application tant l’ADN est complexe. Certains chercheurs parlent d’ailleurs d’ « écologie des gènes » (parties composant l’ADN) tant ce matériel est instable, rendant ainsi les potentiels dommages collatéraux des OGM sur la santé et l’environnement encore plus imprédictibles. On peut entendre certains militant anti-OGM dire que la recherche agronomique « constitue un gaspillage de l’argent publique » (dans les cas où il n’est pas privé). Ceci est faux si l’on considère les connaissances encore limitées sur le fonctionnement biologique des sols et les stratégies agricoles les mieux adaptées. Ce message s’adresse tout particulièrement aux étudiants et chercheurs des instituts agronomiques et biotechnologiques qui ne veulent pas volontairement modifier leurs statistiques pour satisfaire les exigences des compagnies privées qui les financent. Dans l’alternative et l’interdisciplinarité, de véritables projets scientifiques peuvent voir le jour. L’agroécologie représente une vraie alternative scientifique à l’agronomie classique. En effet, en mettant l’accent sur l’équilibre durable du système sol-culture, elle permet de diminuer à long terme le volume des intrants (engrais, pesticides,…) et donc le poids des charges et la dépendance des paysans envers les trafiquants d’agrotoxiques.

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